Les Doigts rouges de Keigo Higashino : mon avis sur un polar japonais qui bouscule

 

Les Doigts rouges de Keigo Higashino : mon avis sur un polar japonais qui bouscule

Certains polars nous font chercher le coupable. Les Doigts rouges de Keigo Higashino fait autre chose : il nous montre le coupable dès le début, puis nous oblige à regarder comment une famille ordinaire est prête à tout pour cacher la vérité.

Dans cet article, je vous partage mon avis sur Les Doigts rouges : d'abord sans spoiler, puis dans une partie dédiée aux personnages, à l'inspecteur Kaga et à cette famille que je n'ai pas réussi à excuser.

Couverture de Les Doigts rouges de Keigo Higashino
Les Doigts rouges en bref

  • Titre original : Akai yubi
  • Auteur : Keigo Higashino, l'un des maîtres du polar japonais, auteur du Dévouement du suspect X et des Miracles du bazar Namiya
  • Traduction française : Sophie Refle, chez Actes Sud (collection Babel noir en poche)
Genre : roman policier japonais
  • Longueur : environ 240 pages
  • Série : une enquête de l'inspecteur Kyōichirō Kaga, qu'on retrouve aussi dans Le Nouveau et Les Sept Divinités du bonheur

Résumé des Doigts rouges (sans spoiler)

Akio Maehara est un employé de bureau sans histoires. Il vit à Tokyo avec sa femme Yaeko, leur fils adolescent Naomi et sa mère âgée, Masae. Un jour, Yaeko l'appelle au travail, paniquée, et lui demande de rentrer immédiatement.

À la maison, il découvre l'impensable : le corps d'une fillette gît dans le jardin, et c'est leur fils qui l'a tuée. Au lieu d'appeler la police, Akio va tout faire pour protéger son enfant.

Face à eux, l'inspecteur Kyōichirō Kaga, accompagné de son jeune cousin Matsumiya, qui débute dans la police. Pendant ce temps, le père de Kaga est mourant à l'hôpital. Deux familles, deux façons d'aimer, et une enquête qui va faire tomber les masques.

Mon avis sur Les Doigts rouges : un polar sur la famille

Ce qui m'a le plus marquée, c'est que Les Doigts rouges n'est pas vraiment un roman sur un crime. C'est un roman sur la famille : celle qu'on protège à tout prix, celle qu'on néglige, et celle qu'on aime en silence.

Higashino oppose deux foyers. D'un côté, les Maehara, une famille qui se ment, se méprise et se déchire. De l'autre, Kaga et son père, une relation pudique, presque froide en apparence, mais pleine d'un amour qui ne se dit pas.

Kaga est un personnage fascinant. Il a l'air dur, distant, presque insensible, mais plus on avance, plus on comprend que c'est un grand sentimental. Et le regard de Matsumiya sur lui, qui évolue au fil du livre, nous permet de le découvrir petit à petit.

Le roman est court, le style est simple et efficace, et la tension ne retombe jamais. On le lit presque d'une traite.

Attention spoilers : ce que j'en ai pensé en détail

Si vous n'avez pas encore lu le livre, passez directement à la partie suivante.

Kaga et Matsumiya, deux regards qui se croisent

J'ai compris la façon dont Matsumiya perçoit Kaga, et l'inverse aussi. Le père de Kaga s'est plongé dans son travail, au point de délaisser sa propre famille. Mais il a cherché à se rattraper en aidant sa sœur et son neveu, Matsumiya. Si Kaga a pu en être un peu jaloux, je trouve qu'il avait raison de l'être.

Un dur au cœur tendre

Kaga joue au dur, mais c'est un sentimental. Malgré son talent évident, il reste dans le commissariat de quartier, là où son père a travaillé. S'il ne lui rendait pas visite à l'hôpital, c'est parce que son père le lui avait demandé. Pourtant, il a toujours veillé sur lui de loin, et il a continué à jouer au shogi avec lui à travers l'infirmière. Ce détail m'a profondément touchée.

La famille Maehara : aucune excuse

Pour les criminels, en revanche, je n'ai ressenti ni empathie ni indulgence.

  • Naomi est un enfant pourri gâté et profondément dérangé.
  • Yaeko, la mère, panique et devient une vraie crapule pour protéger son fils.
  • Akio, le père, est détaché et irresponsable. Il manque cruellement de courage, au point d'être prêt à sacrifier sa propre mère pour faire plaisir à sa femme et à son fils.

La seule pour qui j'ai eu de l'empathie, c'est Masae, la grand-mère, qui voyait son fils comme un faible et qui a été déçue par lui jusqu'au bout.

Pour les autres, tout ce qui peut leur arriver est, à mes yeux, bien mérité.

À qui je recommande Les Doigts rouges

Je le recommande si vous aimez :

  • les polars psychologiques, où le « pourquoi » compte plus que le « qui » ;
  • les histoires de famille complexes et dérangeantes ;
  • les enquêteurs discrets mais brillants ;
  • les romans courts qu'on lit en une soirée.

C'est aussi une excellente porte d'entrée dans le polar japonais et dans l'univers de Keigo Higashino.

Questions fréquentes sur Les Doigts rouges

Faut-il lire les autres enquêtes de Kaga avant ?

Non. Les Doigts rouges se lit parfaitement seul. Mais si vous aimez Kaga, vous aurez sûrement envie de le retrouver dans Le Nouveau ou Les Sept Divinités du bonheur.

Est-ce un polar classique ?

Pas tout à fait. On connaît très vite les coupables. Le suspense vient plutôt de leurs mensonges et de la façon dont Kaga va les démasquer.

Les Doigts rouges est-il un livre dur ?

Le sujet est sombre, puisqu'il s'agit de la mort d'une enfant, mais il n'y a pas de violence gratuite. Ce qui dérange surtout, c'est le comportement de la famille.

Par quel livre de Keigo Higashino commencer ?

Les Doigts rouges est un bon choix pour son format court. Le Dévouement du suspect X est aussi souvent conseillé pour découvrir l'auteur.

En conclusion

Les Doigts rouges est un polar court mais puissant, qui interroge ce qu'on est prêt à faire par amour pour sa famille, et où se trouve la limite. Entre une famille qui se perd dans le mensonge et un fils qui aime son père en silence, Higashino nous laisse avec beaucoup à réfléchir.

Et vous, avez-vous lu Les Doigts rouges ? Avez-vous réussi à trouver des excuses à la famille Maehara ? Venez en parler en commentaire, ou retrouvez-nous sur Instagram et TikTok.

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